Borloo : «Mes projets pour les futures lignes TGV» Version imprimable Suggérer par mail

Le ministre dévoile les futures transversales à grande vitesse. Elles créeront un axe Espagne-France-Italie.

Après le «Grenelle de l'environnement», Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, de l'Aménagement et du Développement durables, s'ex­prime sur les grands projets d'in­frastructures.

Image
(François Bouchon / Le Figaro)

LE FIGARO. Le «Grenelle de l'environnement» a acté la création de quelque 2 000 kilomètres de lignes à grande vitesse. Où en est-on ?
Jean-Louis BORLOO. Le «Grenelle» avance. Après sept années d'enlisement, nous lançons l'appel d'offres pour la ligne Tours-Bordeaux. Cela représente un investissement de 7 milliards d'euros que nous engageons avec les régions Centre, Aquitaine, Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées. C'est une avancée considérable pour aller ensuite vers Toulouse et Narbonne. De même, on prolonge les lignes entre Le Mans et Rennes, Baudrecourt et Strasbourg, ainsi que le contournement de Nîmes et Montpellier. Mais ce n'est qu'un début, nous lançons les études pour les lignes transversales : entre Nantes et Lyon en passant par Nevers, entre Toulouse et Narbonne, Nîmes et Perpignan. Ces lignes seront complétées par une radiale vers Clermont-Ferrand. Nous re­lions ainsi la France, l'Espagne et l'Italie et organisons la grande traversée est-ouest par le sud. Sans oublier le centre de la France.

Ces très gros investissements ne servent que les voyageurs ?
Bien au contraire. Ils libèrent les sillons classiques pour le fret. Car l'objectif, c'est bien de faire diminuer considérablement le trafic des camions notamment étrangers. Une étude entre Nîmes et Montpellier montre que quatre camions sur cinq sont étrangers. Nous voulons avec les transporteurs routiers organiser les transferts route-rail sur les grandes distances.

En Ile-de-France, les investissements d'infrastructure sont très en retard pour le fameux Grand Paris ?
L'aménagement de l'Ile-de-France est aussi une de mes priorités. Je viens de donner mon accord à son président pour le financement du tramway entre Montfermeil et Clichy-sous-Bois (150 millions d'euros, moitié État moitié Région) et pour une liaison en transport public entre Massy et Évry (400 millions d'euros). Par ailleurs, 20 millions d'euros toujours partagés entre l'État et la Région vont être immédiatement débloqués pour améliorer cinquante lignes de bus de la périphérie parisienne.

Ne faut-il pas être plus ambitieux ?
Nous engageons une grande concertation entre l'État, la Région et les communes. Ce qui me semble aujourd'hui le plus urgent et ce qu'attendent les Franciliens, c'est avant tout concrétiser et mettre en œuvre les projets dont ils ont be­soin tout en poursuivant la ré­flexion sur les institutions.

Ces projets n'empêchent pas la poursuite des travaux autoroutiers à Strasbourg ou aéroportuaires à Nantes. Pour les ONG, vous reprenez d'une main ce que vous donnez de l'autre.
Ces projets étaient déjà engagés depuis longtemps et nécessaires. Mais ils se font aujourd'hui en concertation avec les acteurs lo­caux, et les nouveaux projets s'inscrivent pleinement dans les priorités du «Grenelle».

En matière de téléphonie mobile ou de haut débit, la France a une couverture très inégalitaire.
C'est bien l'un des enjeux importants de l'aménagement du territoire que je veux défendre. Ce sont près de sept cents communes qui sont oubliées de la téléphonie mobile et quasiment autant qui n'ont pas accès au haut débit. Quant au très haut débit mobile (UMTS), c'est environ 30 % du territoire qui n'est pas couvert ! Pour le téléphone, nous allons régler cela dans l'année. Je veux trouver un accord avec les opérateurs. Cela représente un investissement d'environ quatorze millions d'euros.

Et pour le haut débit mobile ?
Nous allons demander d'utiliser les canaux hertziens libérés par la progression de la télévision numérique. Nous avons besoin d'affecter une partie de la bande entre 700 et 900 mégahertz pour aboutir à ces résultats et couvrir la France.

Comment contraindre des opérateurs à investir dans des zones jugées non rentables ?
Il faut bien encourager les réseaux d'initiative publique. Mais je veux que nous menions une réflexion pour que ces services soient délivrés à tous les Français au titre du service public universel. Comme l'eau, l'électricité ! Cela oblige l'État, les collectivités et les opérateurs à couvrir le territoire avec un coût identique pour tous les usagers. Nous allons porter ­cette question au niveau européen dans le cadre de la présidence française.

 
< Précédent   Suivant >